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«Le handball est toujours
aussi important pour moi»
La meneuse de jeu Anaëlle Wagner, qui a effectué un passage marquant au Strasbourg ATH (de 2022 à 2024), évolue désormais à Chevigny-Saint-Sauveur en Bourgogne. À 24 ans, elle a choisi son orientation professionnelle, se prépare à devenir gendarme tandis que son club vient d’obtenir son maintien en Nationale 2.
Celle qui a grandi à Henriville en Moselle, entourée de parents attentifs, Benoît et Dominique et d’un grand frère protecteur, Bastien, passée par les clubs de Forbach, Folschviller, Metz et Montigny vit désormais le handball autrement.
En effet, elle doit maintenant jongler avec un emploi du temps chargé et même si elle a vécu cette saison en pointillé, l’amour du jeu, lui, est intact.
Rencontre en quatre points avec Anaëlle Wagner…
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📌 Un nouveau club
«À Chevigny, c’est comme si j’étais à la maison»
«Je me sens super bien dans ce club. Pourtant, c’est spécial, je ne suis jamais là ou presque. Je joue parfois, je ne peux pas souvent m’entraîner. C’est compliqué.
Mais j’ai de la chance que Fouad (Ez Zajjari, son entraîneur) et les filles acceptent cette situation particulière en me faisant confiance.
Ça me manque de ne pas pouvoir faire de hand tous les jours, ce n’est pas simple non plus de constater que je n’ai plus le même niveau qu’avant.
Mais dans ce club, où je suis arrivée en début de saison, c’est comme si j’étais à la maison même si je ne peux pas y passer autant de temps que je voudrais.
En tout cas, j’aimerais pouvoir rester à Chevigny et kiffer jusqu’à la fin.»
Le 16 mai dernier, Chevigny a assuré son maintien en N2 grâce à son match nul (29-29) à Talant avec 10 buts marqués par Anaëlle Wagner.
«Nous sommes très contentes d’avoir obtenu notre maintien. C’était un match pas facile, sans colle. On s’était bien préparé depuis deux semaines et on avait un certain sentiment de revanche à prendre suite à notre résultat face à Saône/Mamirolle où nos efforts n’avaient pas été récompensés.»
📌 Un nouvel objectif
«Jouer le maintien au final,
ça apporte un sentiment en plus»
«Je suis très heureuse parce que le club et cette équipe ne méritaient pas de finir en N3 à l’issue de cette saison.
Sur un plan personnel, je suis très contente d’avoir pu contribuer à ça de près ou de loin.
Et sur le plan collectif, c’est un pur régal. Nous formons un bon groupe qui s’entend très bien, on était très heureuses au coup de sifflet final.
Jouer le maintien au final, cela donne des matches à enjeux, ça apporte un sentiment en plus qui procure des émotions que l’on n’a pas forcément l’occasion de ressentir lors de chaque saison.»
Avec Fouad Ez Zajjari, son coach.
📌 Une nouvelle orientation
«Il était temps pour moi d’avoir un vrai métier»
«Après la dernière saison à Palente, je me suis dit qu’il était temps de faire autre chose. Dans le handball, j’ai atteint ce que je voulais au Strasbourg ATH, il était temps pour moi d’avoir un vrai métier.
On avait fait des stages en milieu militaire avec le SATH et ça m’a confortée dans mes impressions, parce que c’est quelque chose qui m’a toujours attirée. Je voulais trouver quelque chose de stable.
Après avoir passé le concours, je suis donc entrée en école de gendarmerie à Dijon en octobre dernier.
Il y a plusieurs phases dans cette formation de sous-officier de gendarmerie. On apprend à marcher au pas en treillis et rangers, mais aussi le code pénal et le code de déontologie et après on apprend vraiment à être gendarme. C’est-à-dire qu’il faut être ultra polyvalent. Nous avons des cours, nous faisons du sport, des bivouacs, on apprend à tirer aussi.
Je voulais faire un métier qui bouge où il n’y a pas de routine, là on ne fait jamais la même chose.
Mon objectif est de rejoindre une unité cynophile, j’aimerais être maître-chien au sein de la gendarmerie, cela demandera trois mois de formation supplémentaire.
Je vais sortir de l’école le 4 juin et je suis dans l’attente de mon affectation.»
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📌 Une nouvelle vision
«J’ai envie de transmettre
tout ce que j’ai pu apprendre»
«Le handball est toujours aussi important pour moi. Mais désormais, j’endosse un rôle différent, je suis plus dans la transmission. Oui, j’ai envie de transmettre tout ce que j’ai pu apprendre.
Avant, j’aimais énormément marquer, maintenant je prends plus de plaisir à bien construire une action, à faire une belle passe.
À l’avenir, j’espère aussi rejoindre l’équipe de France de la gendarmerie, j’attends ça avec impatience même.»
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