PHOTO PATRICE KESSOURI
«Dans un premier temps,
j’étais choquée
et après bien sûr super contente»
Léa Fargues, la gardienne de but du Strasbourg ATH, va effectuer ses premiers pas en équipe de France début avril. Une magnifique nouvelle et une belle reconnaissance pour cette joueuse au parcours atypique qui continue de joliment marcher dans les pas de sa mère, l’internationale Christelle Marchand.
Parfois, un numéro de maillot peut en dire beaucoup d’une personne. Il peut même raconter une partie de son histoire. C’est le cas de Léa Fargues qui porte fièrement le 53 sur son dos.
«C’est un clin d’œil, une histoire de famille, racontait il y a quelques années la gardienne du Strasbourg ATH. 53, c’est la Mayenne, le département d’origine de ma mère, mais aussi son surnom. Je le porte depuis ma première année en seniors. Je n’étais pas fétichiste, mais je le suis presque devenue, c’est mon numéro et j’y tiens.»
Les parents de Léa Fargues, Christelle Marchand et Patrick Fargues.
Mais dans l’histoire de Léa Fargues avec le handball, il y a aussi une curiosité, car elle n’a pas toujours été gardienne de but.
«J’étais dans une équipe de peureuses, rigole-t-elle, personne ne voulait y aller. Et moi, j’aimais bien les responsabilités de ce poste, mais il est souvent sous-estimé chez les jeunes alors qu’il est déjà déterminant. Je jouais parfois une mi-temps dans la cage et une sur le terrain. C’est important de sortir des stéréotypes de la gardienne qui ne sait rien faire d’autre. J’aime toujours le terrain, on peut courir, marquer des buts, c’est bien d’avoir cette double vision des choses, c’est ce que je prône.»
Après son apprentissage à Bordes et au Pôle de Talence, Léa Fargues, a rejoint l’ASUL/Vaulx-en-Velin en Division 2 où elle a passé trois saisons avant de rejoindre le Strasbourg ATH en 2022.
«J’ai à peine eu le temps
d’appeler ma mère et mon frère…»
À 27 ans, c’est donc une toute nouvelle expérience que s’apprête à vivre Léa Fargues avec cette convocation chez les Bleues. Deux matches de qualification à l’Euro 2026 seront au programme, au Kosovo le 9 avril et contre la Finlande le 12 avril. L’équipe de France est déjà qualifiée.
«J’ai appris la nouvelle par mail cet après-midi, raconte-t-elle avec bonne humeur. Avec Margaux (Imhof, sa colocataire et coéquipière), on l’a relu plusieurs fois pour s’assurer que ce n’était pas un “fake”. J’ai à peine eu le temps d’appeler ma mère et mon frère que tout s’est enchaîné. Dans un premier temps, j’étais choquée et après bien sûr super contente. Là, j’essaye encore de m’en remettre parce que c’est une chose que je ne voyais pas arriver.»
«Cette histoire de famille, elle est belle»
Car, on l’a vu plus haut, cet événement s’inscrit aussi dans une attachante histoire familiale.
«Tous les gens de ma famille sont aussi contents que moi et c’est super de pouvoir partager ça ensemble. Car cette histoire de famille, elle est belle. Ma mère a de nombreuses sélections, je suis encore très loin de ça. Elle m’a souvent raconté les anecdotes à ce sujet. On se chambrait aussi souvent en se demandant, c’est qui la meilleure entre nous deux ? Ma mère me disait, “ben c’est toujours moi”, justement à travers cette expérience en équipe de France. De partager ça en famille, c’est trop bien !»
Alors, Léa Fargues, a accueilli tout cela avec bonheur, mais aussi avec philosophie.
«J’ai reçu pas mal de messages depuis, mais je prends tout ça avec légèreté. À mon poste, il y aura Floriane André et Laura Glauser, l’entraîneure des gardiennes, c’est Amandine Leynaud, ce sera que du plus pour moi. Je suis une passionnée de handball, alors je vais y aller avec l’idée de prendre un maximum d’expérience pour me nourrir de ce que je vais apprendre.»
«C’était plus du domaine du rêve qu’un objectif»
D’autant plus que rejoindre l’équipe de France ressemblait davantage à un fantasme qu’un réel objectif pour celle qui n’est pas passée par un centre de formation.
«C’était plus du domaine du rêve qu’un objectif. Le poste est très bien loti en équipe de France, la concurrence est rude. Hatadou Sako et Camille Depuiset ne seront pas à ce stage. Je m’étais dit pourquoi pas quand Dalila (Abdesselam) avait été retenue, mais c’était vraiment très loin de moi. Je n’avais pas encore choisi ça comme objectif.»
«Je suis aussi super contente pour le club,
que le Strasbourg ATH
soit représenté dans cette liste»
Effectivement, le précédent vécu par Dalila Abdesselam, la capitaine des Piraths du Strasbourg ATH, appelée en équipe de France en 2023, a ouvert la voie.
«Je suis aussi super contente pour le club, que le Strasbourg ATH soit représenté dans cette liste où on a davantage l’habitude de voir des joueuses de Metz ou de Brest. C’est bien d’avoir cette image. C’est arrivé une première fois avec Dalila dès notre première saison en D1. J’étais trop contente pour elle à ce moment-là. Et c’est aussi pour ces raisons que le SATH doit impérativement rester en D1.»
Ce mercredi 11 mars 2026 n’était pas un jour comme les autres, mais pourtant Léa Fargues n’a rien changé à ses habitudes. Le soir venu, elle est allée rejoindre les U13 du SATH pour une séance d’entraînement. Qui, à coup sûr, seront encore un peu plus fières d’être coachée par Léa Fargues…