«Viser la performance
sans oublier qui on est»
Le week-end dernier, les U17 de Dambach-la-Ville ont vécu des moments privilégiés. Leur déplacement à Chambéry pour la deuxième journée de la deuxième phase du championnat de France s’est transformé en magnifique et fructueuse aventure collective.
À la tête de cette équipe depuis 2020, Julie Vuillier. Cette ancienne joueuse, qui a évolué au plus haut niveau à Issy/Paris avant de jouer à Kingersheim notamment, a endossé avec bonheur la fonction de coach.
C’est elle qui va nous servir de guide pour raconter les valeurs de son groupe et de son club.
En quatre thèmes.
📌 La philosophie
«À Dambach, elle est claire. Nous sommes un club familial, il n’y a pas de pression, c’est aussi pour cette raison que je m’y sens aussi bien.
Le but est de former des joueuses. Quel que soit leur destin futur, qu’elles rejoignent le groupe de N2 avec “Jerem” (Jérémie Sargenton), qu’elles quittent Dambach pour aller plus haut ou simplement qu’elles deviennent des joueuses de club.
C’est une notion importante à Dambach, il y a le côté performance, mais aussi autre chose. Par exemple, toutes mes joueuses participent au Marché de Noël organisé chaque année par le club, pour aider, distribuer du vin chaud ou animer les stands.»
📌 Les objectifs
«Le premier est de nous qualifier en championnat de France la saison prochaine, c’est-à-dire qu’il faudra être dans les trois premiers de notre poule qui est très relevée. Mais aussi de disputer les finalités qui, a priori, pourraient être ouvertes aux poules basses.
On aimerait également conserver notre titre en Coupe du Crédit Mutuel, c’est un objectif important pour nous et pour le club.
Mais notre objectif plus général est d’abord d’apporter des joueuses au groupe de N2. On s’entend super bien avec Jérémie, nous avons la même vision des choses.
J’insiste aussi beaucoup sur la notion de plaisir, c’est quelque chose d’essentiel pour moi et quelque chose d’essentiel à transmettre aussi. Je veux que les filles prennent du plaisir à jouer, à être ensemble. Cela doit même être la première motivation.»
📌 Le groupe
«Ces filles, ce sont des crèmes, parfois un peu chiantes quand même (rires), mais ce sont surtout des filles qui travaillent.
Par exemple, tous les vendredis, on fait une séance vidéo avant l’entraînement, toutes sont prêtes, ont visionné les images avant, toutes participent. Nous sommes dans la continuité du travail effectué par Sophie (Marangé) au Pôle de Barr. Nous cherchons à allier performance et formation avec forcément aussi un côté éducateur.
Je pense que chaque joueuse aime foncièrement Dambach et ce qui est génial, c’est que les nouvelles viennent chaque fois se greffer avec la même mentalité.
Ce groupe est vraiment top. Nous avons connu beaucoup de blessures en début de saison, mais chacune s’est adaptée, n’a rien lâché. C’est ça mon équipe !»
📌 Le déplacement
«Lundi, le président, Philippe Ferlet, m’appelle pour me demander comment on avait prévu le déplacement à Chambéry. Je lui ai dit que nous allions partir samedi à 6h du matin pour être sûrs d’arriver à l’heure, comme le coup d’envoi était à 14h30. Il m’a répondu que ce n’était pas possible, qu’il fallait voir si on pouvait trouver un hébergement. On a trouvé un “Appart’Hôtel” et on est allé chercher les filles en mini-bus vendredi à la sortie de l’école. Des parents conduisaient, on est arrivé à minuit.
C’est ça la mentalité de Dambach, mettre les moyens pour que chacun se sente bien. Viser la performance sans oublier qui on est.
Ces voyages permettent aux filles de connaître autre chose, de vivre une aventure, de leur mettre plein de souvenirs dans la tête. Elles ont vécu un peu comme des pros en arrivant la veille, avec réveil musculaire et séance vidéo le jour du match.
Les parents aussi sont très présents et c’est quelque chose d’important, ils ont un groupe WhatsApp pour suivre les matches, il y a toute une belle énergie autour de nous.
Et au final, elles ont fait un match de “foldingues” (victoire 22-23), collectivement impressionnant en montrant une très belle image. Et je suis persuadée que si nous n’étions pas partis la veille, on ne l’aurait pas gagné, ce match-là…»
Dans les yeux d’Arnaud…
C’est grâce au regard et aux photos chargés de poésie d’Arnaud Le Dû que nous avons pu vous raconter ce moment pas comme les autres dans les pas des U17 de Dambach. Alors, voilà quelques mots pour découvrir celui qui se cache derrière l’objectif…
«J’aime essentiellement saisir les instants,
capturer des regards, des postures»
«Chez nous le handball est une passion familiale. Tout le monde est ou a été joueur. Pendant une dizaine d’années, ma femme, Rachel, a coaché une équipe féminine et moi aussi.
Au fil du temps, nous nous sommes concentrés pour suivre nos quatre filles. Nos deux aînées de 28 et 23 ans ne jouent plus depuis leur maternité. Anna, 15 ans, joue en U17 CDF à Dambach-la-Ville et elle est interne au centre régional de
Barr toute la semaine. Sophie, 13 ans quant à elle, joue en championnat régional à Seltz. Nous nous partageons entre les deux clubs et c’est souvent une sacrée gymnastique !
Depuis toujours, je suis un passionné de photo, de portraits, de reportages et du coup, il y a quelques années, comme nous arpentions les gymnases à travers le Grand Est et la France quelques fois, j’ai voulu allier mes deux passions.
«La photo a un côté exaltant,
celui de laisser une trace»
J’ai commencé à m’installer au bord du terrain avec mon boîtier et à prendre les matches en photos.
J’aime essentiellement saisir les instants, capturer des regards, des postures. Souvent, je saisis des regards également dans le public. J’aime figer des moments sans que le sujet ne me regarde.
Au-delà du côté sportif des équipes que je suis, j’aime le côté “off”. Je reste avec le groupe et au bout d’un moment, il m’oublie et oublie mon objectif. Ce sont les meilleurs moments et souvent les plus belles expressions.
C’est une passion qui est devenue de plus en plus addictive et chronophage au point d’avoir créé une petite société, “ALD Photos”.
Le handball est un sport “pur” avec un état d’esprit qui se traduit aussi dans la vie quotidienne. Il y a de formidables valeurs. C’est aussi un microcosme. On se connaît plus ou moins tous à force de se croiser dans les salles au fil des années et des diverses compétitions.
La photo a un côté exaltant, celui de laisser une trace, de garder un instant, de figer un moment précis. Et c’est ça qui est passionnant.
Et puis quelques fois, dans un regard capturé par l’objectif, il y a de l’émotion. Et ceux qui regardent le cliché ressentent la même émotion.
C’est ça le pouvoir de la photo…»
Arnaud Le Dû