«J’ai hâte d’y être»
Capucine Bégin, handballeuse à Alfortville en Nationale 2, mais auparavant à l’ASPTT Strasbourg, à Reichstett et à l’ATH (Achenheim/Truchtersheim), est en train de boucler de très exigeantes études de médecine en région parisienne.
Mais à 27 ans, elle a décidé de se lancer un grand défi, celui de disputer le Marathon des sables.
Une façon de se dépasser, mais aussi de soutenir une cause qui lui tient à cœur.
Depuis le mois de juillet, nous suivons la préparation de Capucine Bégin.
Le premier épisode est à retrouver en cliquant ici.
Le deuxième épisode est à retrouver en cliquant ici.
À quelques jours de l’épreuve qui se disputera du 3 au 13 avril dans le désert marocain, c’est le moment de découvrir les derniers instants de la préparation de Capucine Bégin, mais aussi son état d’esprit des dernières semaines. Interview.
🎯 Quel est ton état d’esprit à quinze jours de la course ?
«Un mélange de stress, d’excitation, d’impatience, j’ai hâte d’y être. Je sais que j’ai fait le maximum possible en termes de préparation mais je pense qu’on ne peut jamais être vraiment prêt pour ce type de course.»
🎯 Qu’est-ce qui est important dans ces derniers moments avant l’épreuve ?
«Bien dormir, bien manger, se reposer, faire les derniers réglages pour la préparation du matériel dont je vais avoir besoin.»
🎯 Quelles ont été les différentes étapes de la préparation depuis janvier ?
«Fin janvier, je m’étais inscrite à une course, la Maxicross: 25 kilomètres dans la boue. L’idée de ce mois était de continuer à mettre du volume en préparant la course et de refaire une grosse sortie de 20 kilomètres le lendemain de la course pour voir comment je répondais sur ce type d’enchaînement.
Ensuite, en février, l’objectif était de tester la course dans le sable: je suis allée à Fontainebleau, où il y a des portions de sable et de terres sablonneuses, et j’ai profité du fait qu’avec le hand nous ayons de nombreux matches en Bretagne pour y rester quelques jours et courir dans le sable avec les guêtres.
«Beaucoup de volume
et une mise en condition de course»
Là, le mois de mars commençait avec le semi de Paris que j’ai réalisé deux fois d’affilée (une fois pour moi, pour me dépasser un peu, et une deuxième fois avec des copines) afin de faire une grosse sortie.
Ensuite est venu le temps de se préparer plus sérieusement à courir avec le sac lesté et en conditions désert. Je le faisais déjà de temps en temps sur les sorties longues du week-end, mais là c’est quasi systématique pour chaque sortie: 3-4-5-6 kilos, et ce n’est pas évident !
Pour l’aspect désert: sauna pour se préparer un peu à la chaleur, aller courir habillée comme s’il faisait −10 °C dehors, et préparation des pieds avec des crèmes à mettre matin et soir un mois avant pour éviter les ampoules.
Donc depuis janvier, beaucoup de volume et une mise en condition de course.»
🎯 Y a-t-il eu des moments de doute ?
«Je n’irais pas dire qu’il y a eu des vrais moments de doute, j’ai eu la chance d’avoir une préparation qui s’est globalement bien passée sans blessure jusqu’à maintenant, j’ai pu faire tout ce que je voulais. Le vrai gros doute c’est comment va se passer la course, Paris ce n’est pas le désert, les conditions vont être tellement différentes, mais c’est le jeu.»
🎯 On a beaucoup abordé le côté physique de la préparation, mais qu’en est-il de l’aspect mental ?
«J’ai eu la chance d’être beaucoup entourée pendant ma préparation, j’ai été accompagnée durant quasiment toutes mes grosses sorties sur au moins une partie (encore merci à toutes ces personnes qui se reconnaîtront !!), et franchement, ça change tout.
«Mine de rien, toutes ces années de hand,
ça forge le mental»
Ces longues heures de course passent quand même beaucoup plus vite quand on peut discuter. La seule chose qui a été un peu difficile a été de sortir sous la pluie et la grisaille de Paris.
Et mine de rien, toutes ces années de hand, ça forge le mental, on a l’habitude de se faire mal. Ce n’était vraiment pas l’aspect le plus compliqué de la préparation à mon sens, d’autant plus que la cause est belle.
🎯 Justement, tu vas t’élancer dans cette course en défendant une grande cause, est-ce que cela te porte au quotidien pour avancer ?
«C’est un grand oui 😂. Les réveils à 6h pour partir courir 1h30 à 2h avant le travail, avec le sac à dos lesté de kilos d’eau (ou des poids empruntés dans mon service de médecine du sport), parce que le soir il y avait entraînement, ce n’était vraiment pas facile. Mais je me répétais toujours le pourquoi du comment je faisais ça. Ça a énormément joué.»
🎯 Que peut-on faire pour t’aider concrètement ?
«Continuer à faire des dons à l’association et donner de la visibilité au projet ! La cagnotte va rester ouverte jusqu’à la fin de la course.
Grâce à tous les dons et à toutes les personnes qui m’ont soutenue depuis le début de cette aventure, le dossard a été entièrement financé. Tout ce qui est donné depuis ces derniers mois est directement reversé à la recherche contre le cancer colorectal.
D’ailleurs je tiens encore sincèrement à remercier tous les donateurs et toutes les personnes qui ont pu participer, de près ou de loin, à ce projet.»
🎯 Quel va désormais être le programme des prochains jours ?
«Je vais diminuer mon volume de course pour permettre au corps d’assimiler tout ce que j’ai pu lui faire endurer ces derniers mois.
Il va aussi être temps de reconditionner toute ma nourriture lyophilisée pour que cela prenne le moins de place possible, finir de préparer mon sac, régler les derniers détails.
Et aussi gagner les derniers matchs avant la petite trêve handballistique.»
À suivre…
Pour soutenir Capucine Bégin, mais aussi pour aider la recherche médicale sur les cancers digestifs et mener des actions de prévention, vous pouvez le faire concrètement grâce au lien suivant ou en cliquant ici…
https://bit.ly/ARCADxMDS